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Une barricade à Auxerre !

Dans la nuit du vendredi 24 au samedi 25 mai 1968, une barricade est érigée à Auxerre, rue Michelet, à proximité du lycée Jacques-Amyot.

À 3 h 45 du matin, le proviseur du lycée Jacques-Amyot prévient le commissariat d’Auxerre qu’une barricade vient d’être dressée à la hauteur du n° 18 de la rue Michelet.

Arrivés sur place, les policiers constatent que la chaussée est entravée par différents objets provenant du chantier du gymnase, alors en construction : madriers, échelle, bonbonnes de gaz, etc., le tout surmonté d’un drapeau tricolore.

Quelques instants après l’arrivée des services de police, trois voitures débouchent d’une rue adjacente avec à leur bord une douzaine d’individus, qui, selon le proviseur, sont les auteurs de cette barricade, "étant donné qu’il avait eu tout le loisir de les observer" ; ces derniers disparaissent en direction des quais de l’Yonne.

La barricade est démantelée par les deux policiers dépêchés sur place et la rue est rendue à la circulation à 5 h 30.

On ne sait pas précisément qui sont les auteurs : professeurs ? élèves du lycée ? ouvriers d’Auxerre ? Une hésitation dans le relevé de la plaque d’immatriculation laisse planer le doute…

Cet épisode s’inscrit dans la chronologie des événements de Mai-1968 dans l’Yonne, où le mouvement de grève ne commence véritablement que le lundi 20 mai. À Auxerre, il est suivi notamment par les ouvriers des usines Fruehauf et Guilliet, et se traduit aussi par l’occupation du lycée Jacques-Amyot par les élèves. Toutefois, "la réalité locale est profondément différente de la réalité parisienne ou encore du Mai étudiant" (Michel Cordillot, "Présentation", Les cahiers d’Adiamos 89 [actes du colloque Mai-juin 1968 dans l'Yonne , octobre 2009], n° 3, p. 7).

Le préfet, dans le cadre de ses missions de maintien de l’ordre, est tenu informé de l’évolution des événements par les nombreux rapports que lui transmettent les services de police. Un grand nombre de ces rapports est aujourd’hui conservé aux archives départementales, dans le fonds du cabinet du préfet. Ils ne sont toutefois pas tous encore librement communicables (délai de 50 ans, cf. Code du patrimoine, art. L 213-2, 3°).

Jointe au rapport de police, cette photographie est un témoignage visuel de ces événements.

Photographie jointe à un rapport du commissaire d’Auxerre, 25 mai 1968.

Arch. dép. Yonne, 1248 W 310

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